
Récemment, de nombreuses vidéos ont fait leur apparition sur Internet aux États-Unis, expliquant aux Américains comment acheter des voitures de marques chinoises au Mexique. Non seulement des blogueurs ordinaires partagent ces vidéos, mais même certains experts automobiles s'y sont mis. Ce phénomène s'explique par le marché automobile chinois florissant au Mexique et la forte envie des consommateurs américains pour ces voitures chinoises « interdites ».
Selon le Wall Street Journal, à Ciudad Juárez, au Mexique, à seulement huit kilomètres de la frontière américaine, une rue commerçante regorge de voitures chinoises interdites sur le marché américain. Ces modèles offrent des équipements haut de gamme, un design élégant et des prix abordables, pour un excellent rapport qualité-prix. Actuellement, les marques chinoises représentent environ un quart des ventes totales de voitures au Mexique, et de nombreux consommateurs locaux se tournent vers elles.
Un Mexicain de 21 ans, habitant près de la frontière, raconte avoir acheté un SUV hybride chinois pour environ 30 000 dollars, dont les performances surpassent largement celles des modèles concurrents dans la même gamme de prix et qui propose même des options de divertissement comme le karaoké. Des concessionnaires automobiles mexicains ont également révélé avoir vendu deux voitures chinoises d'entrée de gamme à 17 000 dollars à des familles locales afin que leurs enfants puissent faire leurs études universitaires aux États-Unis. Ils sont convaincus que si les États-Unis autorisaient la vente de voitures chinoises, ces dernières deviendraient rapidement des best-sellers. Dans les villes frontalières comme El Paso, de nombreux Américains demandent aux concessionnaires locaux pourquoi ils ne vendent pas ces voitures chinoises abordables. Sur Internet, on trouve de plus en plus de vidéos expliquant comment importer légalement des voitures chinoises au Mexique, et les consommateurs américains ont recours à des méthodes détournées pour satisfaire leurs besoins.
L'analyse du Wall Street Journal souligne que les constructeurs automobiles américains se sont historiquement concentrés sur les SUV et les modèles haut de gamme à forte marge, négligeant le marché d'entrée de gamme, un créneau précisément comblé par les marques chinoises. De plus, l'industrie automobile américaine a longtemps sous-estimé les constructeurs chinois. Il y a vingt ans, les voitures chinoises étaient ridiculisées lors de leur présentation dans les salons automobiles américains, et Elon Musk, fondateur de Tesla, était initialement sceptique à l'égard des véhicules à énergies nouvelles chinois. Cependant, les investissements continus de la Chine dans la modernisation technologique et le développement de sa chaîne d'approvisionnement lui ont permis d'acquérir un net avantage dans le domaine des véhicules à énergies nouvelles et hybrides, et de réaliser des progrès rapides dans celui des voitures à essence traditionnelles.
Bob Lutz, ancien cadre de Ford et GM, a déclaré que son SUV Buick de fabrication chinoise était bien équipé, extrêmement silencieux et offrait une excellente qualité de conduite. Il s'est dit impressionné par la maîtrise de la production automobile haut de gamme par la Chine. Lors du récent Salon de l'automobile de Pékin, plusieurs médias américains ont fait part de leur enthousiasme pour les voitures chinoises. Un blogueur américain a même organisé des voyages payants pour présenter ces voitures à des consommateurs américains et étrangers, suscitant un vif débat. Les sondages montrent que le pourcentage de consommateurs américains prêts à envisager l'achat d'une voiture chinoise a doublé en dix ans, atteignant 30 %.
Toutefois, les droits de douane élevés et les politiques protectionnistes actuellement en vigueur aux États-Unis empêchent les voitures chinoises d'entrer directement sur le marché. Certains responsables politiques militent pour un « découplage » plus poussé, limitant l'importation de pièces et de logiciels chinois. Les experts du secteur avertissent que, si cette mesure peut protéger les intérêts à court terme des industries nationales, elle risque d'entraîner une hausse des prix des voitures et un ralentissement de l'innovation technologique aux États-Unis, nuisant ainsi aux consommateurs et à l'ensemble de l'industrie automobile.
Le succès des voitures chinoises au Mexique souligne leur compétitivité en termes de rapport qualité-prix et d'innovation. Le fait que les consommateurs américains soient prêts à tout pour se les procurer pourrait bien devenir un moteur de transformation industrielle.


